Entretien avec Toussaint Gnonlonfoun, Directeur Général de l’Administration d’Etat

« …Il importe que les orientations contenues dans le projet de société du Chef de l’Etat soient appropriées par les hauts cadres qui ont en charge, la gestion de nos départements… »

« …Il importe que les orientations contenues dans le projet de société du Chef de l’Etat soient appropriées par les hauts cadres qui ont en charge, la gestion de nos départements… »

Dans quelques jours, sous l’égide du ministère de la Décentralisation, de la Gouvernance Locale, de l’Administration et de l’Aménagement du territoire (MDGLAAT), va se dérouler à Natitingou, la première conférence des préfets pour le compte de l’année 2011. En prélude à ces assises, Monsieur Toussaint Gnonlonfoun expose dans cet entretien, les grands axes de cet important événement. Il est administrateur de formation et Directeur général de l’Administration d’Etat au ministère en Charge de la Décentralisation, de la Gouvernance Locale, de l’Administration et de l’Aménagement du Territoire.

Toussaint Gnonlonfoun, Directeur Général de l’Administration d’Etat au MDGLAAT

Notre Temps : Pouvez-vous nous dire en quelques mots de quoi s’occupe votre direction ?

Toussaint Gnonlonfoun : La Direction Générale de l’Administration d’Etat, l’une des deux grandes directions du ministère de la Décentralisation de la Gouvernance Locale, de l’Administration et de l’Aménagement du territoire, est chargée du suivi et de l’encadrement des activités des préfectures. Elle est chargée de veiller à la mise à disposition de ces préfectures des moyens de fonctionnement et du développement des ressources humaines de nos administrations préfectorales. Cette direction est également en période électorale, la structure du ministère qui est en relation avec la Commission électorale nationale autonome (CENA). Pour me résumer, je dirai que la Direction Générale de l’Administration d’Etat, comme son nom l’indique est chargée du volet déconcentration de la réforme de l’administration territoriale. Tout ce qui a trait à l’organisation des administrations préfectorales et au bon fonctionnement des structures de l’administration départementale.

Peut-on donc dire que c’est votre direction qui aura la charge dans quelques jours, d’organiser la première conférence des préfets ?

Exactement !

De quoi s’agit-il exactement ?

La conférence des préfets est un cadre qui regroupe autour du ministre de la Décentralisation de la Gouvernance Locale, de l’Administration et de l’Aménagement du territoire, les préfets de départements et les responsables de structures techniques du ministère, les membres du cabinet et le secrétariat général. C’est une rencontre qui a un caractère trimestriel et qui permet tous les trois (3) mois de faire le point des activités du ministère, d’apprécier le travail fait en ce qui concerne le fonctionnement même des structures de l’administration territoriale. Comme vous l’avez si bien dit, la première édition de cette conférence aura lieu dans quelques jours plus précisément les 21 et 22 Juillet de cette année à Natitingou pour aborder les questions liées au fonctionnement et examiner les problèmes essentiels en matière de gestion du processus de décentralisation. C’est une rencontre très importante parce que les préfets sont non seulement les représentants de l’Etat au niveau des départements de notre pays mais aussi ceux, du gouvernement dans son ensemble et de chacun des ministres individuellement. Il est donc indiqué que périodiquement, le ministre en charge de l’administration du territoire regroupe ses collaborateurs pour s’enquérir de la manière dont la mission qui leur est confiée est exécutée, et de s’informer sur la vie et de l’état d’esprit des populations.

Parlant justement de fonctionnement, avez-vous personnellement le sentiment en tant que Directeur général de l’Administration d’Etat, qu’au niveau des structures de l’administration territoriale, tout se passe normalement ?

Honnêtement, je dois dire aujourd’hui qu’au niveau des structures de l’administration territoriale, le fonctionnement ne se fait peut-être pas de la manière la plus convenable que nous souhaitons. Mais il faut admettre que les services des préfectures fonctionnent, que les réunions au niveau de chaque département en ce qui concerne la conférence administrative départementale qui regroupe autour du préfet, les chefs de services déconcentrés c’est-à-dire, les directeurs départementaux, se tienne régulièrement. Ajouté à cela, il ya le second organe appelé le conseil départemental de concertation et de coordination qui regroupe autour du préfet les maires, leurs adjoints et les représentants de la société civile. Cet organe aussi fonctionne de manière convenable puisqu’il arrive à tenir ses deux sessions de l’année. Donc les organes qui sont créés autour du préfet pour l’appuyer de manière à faire fonctionner l’administration départementale d’une manière générale, fonctionnent tous et l’exercice de la tutelle qui est une fonction importante du préfet se fait sur les communes. On peut donc dire de manière satisfaisante que les structures en charge de l’administration territoriale existent et exécutent leur mission.

Mais il est à souligner que ces structures comme nous le constatons d’ailleurs dans toute l’administration publique dans notre pays, ont quelques problèmes dont, l’insuffisance des ressources humaines. Aujourd’hui, lorsque vous prenez nos préfectures, la plupart fonctionnent avec un effectif qui est nettement en deçà des besoins en matière d’agents d’exécution, le potentiel humain se réduit d’année en année du fait des départs à la retraite. Et lorsque ces départs à la retraite arrivent, difficilement les remplacements nombre pour nombre sont faits. Cela appelle des actions urgentes pour le renforcement des effectifs de nos administrations préfectorales. Au niveau des difficultés, il y en a qui sont liées à la disponibilité des ressources financières. On dit souvent un homme, une mission et des moyens. Globalement nos préfectures, manquent de moyens même si ces derniers temps-ci, il y a eu de considérables efforts qui sont faits. Ces préfectures n’ont pas suffisamment de ressources pour exécuter les missions régaliennes qui incombent à l’Etat au niveau des départements. Egalement, ils n’ont pas suffisamment de ressources pour assurer véritablement l’accompagnement et l’assistance conseil qui leur incombe dans le cadre des rapports entre l’Etat et les collectivités locales que sont les communes. Donc ce sont là des facteurs limitant pour la réalisation des objectifs et des résultats. Or ce que nous recherchons aujourd’hui, c’est une administration territoriale adaptée aux exigences du développement. Il est évident que par rapport à ces difficultés, nous devons encore fournir des efforts supplémentaires pour être à la hauteur des missions qui sont celles de l’Etat dans nos départements.

Parlez-nous à présent des grandes attentes de la première conférence des préfets de l’année ?

La première conférence des préfets se tient après la formation du premier gouvernement du second mandat du Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du gouvernement, le Docteur Boni YAYI, et aussi à un moment où, le secteur de la décentralisation et de la gouvernance locale a connu un nouveau responsable. Il importe que les orientations contenues dans le projet de société du candidat YAYI Boni réélu pour un mandat de cinq ans, soient appropriées par les hauts cadres qui ont en charge, la gestion de nos départements afin de leur permettre de mieux comprendre les préoccupations qui l’animent dans le cadre de la gestion de son deuxième quinquennat. Il faut aussi s’attendre à ce que le ministre en charge de la décentralisation donne des directives en ce qui concerne l’exercice du commandement territorial à l’heure de la refondation.

Autour de quels termes de référence s’animera cette 1ère conférence des préfets de l’année ?

Nous aurons entre autres à aborder la question liée aux rapports d’activités des préfets de départements. Je vous ai dit tantôt qu’ils sont les représentants de l’Etat, du gouvernement et de chacun des ministres, donc les informations qu’ils doivent mettre à disposition du gouvernement dans le cadre des renseignements généraux, doivent être des informations fiables, de qualité, exploitables pour la prise de décisions et de mesures qui entrent dans le cadre des besoins et des attentes de nos populations. Ensuite la conférence abordera la question liée aux ressources financières mises à la disposition des préfectures. Nous parleront également à cette conférence, de la gestion liée aux réalités de nos localités frontalières.

Quel appel lanceriez-vous à l’endroit de tous les acteurs Concernés par cette conférence ?

Je voudrais profiter de cette occasion que vous m’offrez à travers cette interview, pour dire que la décentralisation constitue une réforme majeure dans notre pays, une réforme dont l’objectif principal est la création et le fonctionnement d’espaces territoriaux viables pour nos populations. Le Chef de l’Etat au cours de son second mandat insiste davantage sur les efforts qu’il nous faut collectivement consentir, dans le but de réaliser l’émergence dans le domaine de la décentralisation et de l’administration territoriale. L’Homme a cette vision à l’esprit et chaque acteur à différents niveaux doit lui emboîter le pas. Pour finir, l’essentiel est la poursuite sans faille du processus de la décentralisation dans notre pays.