Volonté de transférer désormais les enseignements maternel et primaire aux communes du Bénin

Boni Yayi donne un coup d’accélérateur à la décentralisation

Demain n’est donc pas la veille de la décrispation de l’atmosphère sociale dans notre pays. Les enseignants béninois ne décollèrent pas et continuent de faire planer le spectre d’une année blanche sur l’école en béninoise en dépit des multiples appels à la reprise des classes par les autorités politico-administratives béninoises. Au fil des jours, la situation semble s’enliser davantage et, bien malin qui prédira le retour à la normal de la situation.

Mais pour autant, le gouvernement béninois n’est pas resté insensible à la situation, préoccupé qu’il est par l’avenir de ces milliers d’enfants, élèves et écoliers, livrés à la rue et abandonnés à eux-mêmes depuis le déclenchement de ces mouvements de débrayage que rien ne justifient d’ailleurs. Cela est d’autant plus vrai que ces six dernières années, les enseignants ont énormément reçu de l’Etat central qui leur a créé toutes les conditions normales de pression et de température pour leur épanouissement personnel. On est loin de croire que malgré l’amélioration de leur situation salariale, ils en soient encore à poser des actes qui tendent à tuer l’école béninoise et à la plonger davantage dans les profondeurs de l’abime.

La bonne foi du président Boni Yayi

Non content d’avoir envoyé tous les membres de son gouvernement en mission sur toute l’étendue du territoire nationale aux fins d’expliquer aux populations les motivations obscures d’après lesquelles les enseignants justifient leur mouvement de grève, le président de la République le docteur Boni Yayi, au cours d’une cérémonie de mise en service du réseau électrique dans la commune de Gogounou, n’a pas manqué de se prononcer sur le sujet. A en croire ses propos, accéder aux exigences des enseignants serait une manière de mettre en péril, la survie même de l’Etat béninois. C’est donc une question d’intérêt national et non la satisfaction des intérêts sordides et égoïstes d’une poignée de béninois qui tendent par leur comportement, à prendre tout le peuple en otage. « Je leur demande de reprendre le chemin de l’école » a martelé le docteur Boni Yayi qui a clairement signifié à cette occasion, que rien ne pourra faire changer d’avis au gouvernement. La seule voie du salut réside selon lui dans la reprise des classes.

Mieux, le docteur Boni Yayi entend développer de nouvelles stratégie pour contrer désormais le vent des frondes sociales et ce, dans le cadre de la décentralisation. Il a surtout martelé que depuis Cotonou, il est incapable de gérer la question de salaire des enseignants. Il préconise donc que désormais les élus locaux prennent en main ces questions, quitte à l’Etat central de leur transférer les ressources. Cette approche proposée par le docteur Boni Yayi vient renforcer la conviction de tous ceux qui pensent que dans le cadre de la décentralisation, beaucoup de problèmes peuvent être mieux appréhendés par les élus locaux qui seront à même d’exercer le contrôle nécessaire sur la présence effective de ces acteurs sociaux à leur différents poste de travail et à mettre en place les mécanismes de rémunération appropriée.

Cette option s’inscrit d’ailleurs clairement dans la droite ligne de la loi n° 97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin. Au terme des articles 97 et 98 de ladite loi : « La commune à la charge de la construction, de l’équipement et des réparations des établissements publics de l’enseignement primaire et maternel. Elle assure en outre l’entretien de ces établissements. A cet effet, l’État lui transfère les ressources nécessaires…(…) La commune initie toutes les mesures de nature à favoriser et à promouvoir l’éducation de la jeunesse.

Ces dispositions sont également renforcées par l’article 2 de la même loi qui stipule que la commune constitue le cadre institutionnel pour l’exercice de la démocratie à la base. Elle est l’expression de la décentralisation et le lieu privilégié de la participation des citoyens à la gestion des affaires publiques locales.

Comme on le voit bien, le chef de l’Etat vient d’ouvrir une brèche pour les communes en quête depuis des années d’un réel transfert des compétences. Déjà plusieurs élus locaux ayant suivi avec attention cette nouvelle approche de la situation par le chef de l’Etat, entendent déjà tout mettre en œuvre pour saisir cette balle au bon et faire en sorte qu’un grand pas soit fait dans le cadre du renforcement des prérogatives des élus locaux.