Point du ministre Raphaël Edou sur les dix ans de la décentralisation

A quoi ont servi les nombreux milliards que les communes ont perçus ?

·Les populations doivent se réveiller et s’approprier l’initiative de Dogbo seule alternative pour sortir la décentralisation de sa léthargie

Le ministre de la décentralisation de la gouvernance locale de l’administration et de l’aménagement du territoire était sur les plateaux de la chaine nationale le mardi 26 février 2013 pour faire le point sur la décennie de décentralisation que vient de traverser notre pays.

Après dix ans d’expérience de gouvernance décentralisée au Béni, un bilan s’imposait. Et c’est à cet exercice que s’est livré le ministre de la décentralisation de la gouvernance locale de l’administration et de l’aménagement du territoire hier sur les plateaux de l’ORTB. Si l’homme n’a pas occulté un seul point des questions essentielles de la décentralisation, il ressort notamment de ses explications que des ressources non négligeables sont allouées aux communes chaque année. Ainsi, des communes comme Cotonou, Porto-Novo et Parakou ont reçu des dizaines de milliards chacune dans l’intervalle des dix ans. Mais à en croire les chiffres hilarants que le ministre de la décentralisation a évoquer, on en vient à se demander où sont passé tous ces milliards. En effet, il n’est plus un secret de polichinelle pour personnes que nos communes végètent dans un état de sous développement sans égal. Et jusqu’hier, tout portait à croire que l’Etat central ne faisait rien pour les aider. Mais c’est avec une grande amertume que les béninois ont appris les fonds alloués aux communes alors qu’elles présentent un tel état de délabrement. Cet état de chose, le ministre Raphaël Edou l’a expliqué par la mauvaise gestion qui est faite des initiatives de développement qui entrainent à son tour le gaspillage des ressources allouées aux collectivités locales. Les populations béninois doivent dorénavant se réveiller et garder un œil ouvert sur les actions de leur élus locaux afin d’éviter que les fonds envoyées par l’Etat central ne soient plus gaspillés de cette façon.

L’initiative de Dogbo pour sauver le développement à la base

Après avoir fait le point sur les actions menées ça et là par l’Etat central depuis 2002 que l’expérience de la décentralisation a débuté, le ministre Raphaël Edou a laissé entendre que « l’impact attendu n’est pas atteint ». Cela est dû en partie au tâtonnement qu’a connu la première mandature d’élus locaux mais en grande partie à la mauvaise gestion des ressources allouées aux communes. Et pour remédier à cet état de chose et donner une autre orientation à la décentralisation pour impulser le développement à la base, le chef de l’Etat a instauré l’initiative de Dogbo. En effet, cette initiative dite de Dogbo, incarne selon monsieur le ministre, l’esprit même de la décentralisation, et constitue la seule solution dont on dispose pour pallier à la mauvaise gestion des ressources au niveau des communes. Avec une telle initiative, les populations seront associées à toutes les initiatives ou réalisations d’infrastructures pour éviter les gaspillages et les surfacturations. Elles auront non seulement un regard sur la gestion, mais elles vont aussi apporter leur pierre à l’édifice pour réduire les coûts de réalisations. « Nos compatriotes doivent comprendre qu’on doit désormais travailler » a affirme le ministre de la décentralisation en s’appuyant sur l’exemple du Burundi qui a pu construire un stade avec la gestion participative.

Les questions des élections municipales

Abondant toujours dans le même sens, ministre de la décentralisation de la gouvernance locale de l’administration et de l’aménagement du territoire est revenu sur le bradage des réserves publiques pour expliquer que les populations aussi y veiller pour empêcher certains maires et élus locaux de vendre les espaces réservés aux infrastructures socio-communautaires. Et tout ceci figure toujours dans l’initiative de Dogbo qui est la seule voie que les béninois peuvent désormais emprunter pour impulser le développement à la base.

Si le ministre a passé en revu toutes les autres actualités de la décentralisation dans notre pays, il n’a pas occulté les élections municipales qui s’annoncent. Tout en félicitant les députés pour le vote des lois sur les entités territoriales et sur la LEPI, Raphaël Edou a affirmé que le processus électoral est déjà enclenché au niveau du gouvernement et suit son cours. Ainsi, donc, il a laissé entendre que les élections auront certainement lieu car cela y va de la crédibilité de la démocratie de notre pays