Gestion des réserves administratives de nos communes

Les maires contraints de revoir leur politique (Après l’arrêté préfectoral suspendant les actions de lotissement à Calavi)

On ne le dira jamais assez, les populations béninoises sont désormais informées de leurs droits et devoirs. C’est fort de cela, qu’elles entendent désormais participer activement à la gestion de leur terroir selon que les textes de la République l’exigent. Ainsi, il faut noter que le feu de la gestion participative prend enfin son envol plus de deux décennies après la conférence nationale des forces vives. Depuis le lancement de l’initiative de Dogbo par le chef de l’Etat le docteur Boni YAYI en Septembre 2012, elles se sont rendues à l’évidence du vœu du premier citoyen du Bénin de faire de la gouvernance concertée, une réalité. Depuis l’avènement des maires au Bénin, il n’est aucun doute que même s’ils sont animés d’une bonne foi, leur gestion des réserves administratives de nos communes, cause énormément débat au sein de leurs administrés. Elles ont appelé souvent au secours les gouvernants au niveau central. Mais depuis peu, les données ont changé. Les Béninois comprennent de plus en plus que le gouvernement ne peut à lui seul tout faire et que les populations à la base devront assurer la veille citoyenne pour éviter que leurs administrateurs les plongent dans le chaos. Avec la veille citoyenne instaurée par le chef de l’Etat à travers cette initiative dite de Dogbo et dont la politique de sensibilisation est conduite par le ministre en charge de la décentralisation Raphaël EDOU, les populations ont été réconfortées dans leur lutte contre la mauvaise gestion de leurs autorités locales. Désormais, il est fait obligation aux maires de gérer les choses publiques de façon transparente de manière à apaiser les populations. Mais visiblement, ces derniers ne sont pas encore entrés dans la dynamique du gouvernement, multipliant sur le terrain des actes de mal gouvernance au nombre desquels l’opacité dont ils entourent les opérations de lotissement dans leur localité. Ce qui leur permet d’embrouiller et de gruger les populations, morcelant les réserves publiques et vendant à leur gré, les parcelles qui en découlent, pendant que des acquéreurs voient leurs propriétés disparaître sans que nul soin ne soit pris pour les dédommager.

Abomey- Calavi, la poudrière L’exemple de la commune d’Abomey-Calavi en est une illustration palpable. En effet, l’une des raisons qui a poussé le préfet des départements de l’Atlantique et du Littoral Placide AZANDE à suspendre provisoirement, sur instruction de son ministre de tutelle, les opérations de lotissement et de recasement qui y ont cours, est que les populations, dans leur grande immensité, se plaignaient de ne pas retrouver leurs parcelles après les opérations de lotissement d’une part, et qu’elles ne comprennent toujours pas comment sont gérées les parcelles issues des lotissements et les réserves administratives. Plus grave, cette opération qui est supposée rendre fluides les habitations dans la commune pour le tracé des rues et autres issues, laisse plusieurs foyers sans toit alors que les autorités de la mairie trouvent de leur côté, des parcelles à vendre et à revendre, déplorent certaines populations. Cette situation qui tend à les soulever est une anarchie bien organisée et pourrait porter atteinte à la quiétude nationale. Désormais, les maires n’auront plus le droit de procéder au lotissement et au recasement des localités comme ils l’entendent et les opérations précédentes seront auditées pour mettre fin aux tripatouillages organisés par certains d’entre eux. De sources digne de foi, le ministre de la décentralisation aura très prochainement une séance de travail avec eux pour mettre fin à ces pratiques peu orthodoxes qui tendent à mettre en péril la paix sociale dans notre pays. Ainsi donc, les maires qui veulent s’enrichir sur le dos des populations auront fort à faire puisqu’ils seront contraints à associer les populations aux opérations de lotissement et de recasement. Avis donc à eux qui, en lançant lesdites opérations, écartent même les Chefs de Village et les menacent au nom d’une certaine famille politique.