Boycott de la rencontre avec le ministre de la décentralisation

Les maires du Bénin ont-ils peur des rapports d’audit du FADeC ?
Vendredi dernier, le peuple béninois a assisté à un triste spectacle à Bohicon. Convoqué à une journée d’échanges et de travail avec le ministre de la décentralisation, de la gouvernance locale de l’administration et de l’aménagement du territoire, près de 73 maires sur les 77 que compte le Bénin ont boudé leur autorité de tutelle à l’ouverture des travaux en présence du Directeur Général de la Police Nationale et du Directeur Général de la Gendarmerie Nationale. Cet atelier qui devrait être un creuset dans lequel, l’on discutera de la sécurité dans les communes avec les maires et de la gestion a pu néanmoins se tenir malgré le boycott donc de ces maires. Dans le meilleur des mondes, cette attitude des maires serait synonyme de dénonciation mais quand on se réfère à l’ordre du jour, on se demande ce qui a bien pu pousser les maires démissionnaires à boycotter la rencontre avec leur ministre de tutelle. Mais avec la déclaration qu’ils ont fait par la suite on y voir un peu plus clair. En bref, ce sont les nouvelles initiatives de bonnes gouvernances qui causeraient problèmes à ces maires, sinon comment comprendre qu’on puisse programmer des communications sur la sécurité dans nos communes et des maires supposés être à l’avant-garde de la sécurité des populations puissent bouder une telle rencontre. On peut comprendre qu’ils aient peur de l’audit commandité sur la gestion des fonds FADEC au vu de la gestion qu’ils ont fait desdits fonds. S’il est peut être vrai que certains maires ne sont pas d’accord avec la méthode du ministre Raphaël Edou, ce n’est pas pour autant qu’ils n’ont pas de compte à ne pas rendre à l’autorité de tutelle qui est mandaté par l’Etat. Alors s’ils ont des problèmes personnels avec le ministre qu’ils fassent d’abord de la transparence dans leur gestion et après, ils pourront aller bouder qui ils veulent mais pour le moment, le ministre Raphaël Edou est bel et bien dans la logique du chef de l’Etat qui a fait de l’initiative de Dogbo, le nouveau mode des gestions publique. Alors il faut que les 73 maires mettent de l’eau dans leur vin et reviennent à la raison dans la perspective du bien des populations béninoises.