Bonjour monsieur, pouvez-vous vous présenter et nous dire quel est l’objet de votre visite au Bénin ?

Merci monsieur le journaliste. Je m’appelle Roger Mahazoasy, Directeur de la coopération Décentralisée au sein du ministère de l’Intérieur, de la Décentralisation en Madagascar. Nous sommes une délégation invitée par la CADDEL (la Conférence des Ministres Africains de la Décentralisation et du Développement locale) et l’invité du pays hôte qu’est le Bénin. Nous sommes très content de venir dans ce pays. Madagascar, c’est dans l’Océan Indien, très loin d’ici mais nous sommes quand même venu pour assister à cette CADDEL surtout pour voir comment aussi échanger avec l’expérience de la Décentralisation au Bénin où il a déjà une forte avancée dans plusieurs domaines et partager entre pays frères africains. C’est donc pour ça que nous sommes là.

De quoi a-t-il été question au cours de l’audience avec le MDGLAAT ?

Il a été question d’entrevoir des échanges particuliers sur plusieurs domaines de la décentralisation, tels que le domaine foncier. Au Madagascar, on a connu une très grande avancée dans ce domaine depuis 2005. Notre politique foncière porte sur 1549 communes. Dans 1400 rurales, on a 410 fonciers dans les communes qui sont des services comme Etat Civil. On a donc atteint déjà une avancée sur le foncier à Madagascar. En effet, Madagascar, c’est 597.000 km2, donc pratiquement quatre fois le Bénin mais on a pu faire avancer cette politique pour que les gens aient leur propre terrain et les certificats fonciers sont délivrés selon un processus participatif et sécurisant. Ainsi, les paysans et les propriétaires des certificats peuvent faire des emprunts dans des institutions financières décentralisées, dans des caisses d’épargne et autres de crédit en faisant valoir cette garantie.

Et en dehors du foncier ?

En dehors du foncier, nous avons aussi partagé des expériences en matière de budget participatif qui est un processus développé dans le monde entier à partir de Porto-Allegro. Nous, en Afrique, sur 300 communes qui font le budget participatif, 200 sont en Madagascar. On a même été décoré en Tunisie en décembre 2013 pour cela ; on a décerné à Madagascar le titre du meilleur pays qui a pu développer très vite ce processus. Notre objectif d’ici 2015 est d’avoir au moins 500 communes qui font le budget participatif.

Alors, comment appréciez-vous l’expérience du Bénin ?

Nous avons beaucoup apprécié l’expérience béninoise parce que nous n’avons pas encore l’Observatoire de la Gouvernance par exemple. On a une institution et on veut mettre en place un observatoire de la décentralisation du développement local. L’expérience du Bénin sera d’un grand apport pour nous dans le cadre des échanges. Il y a aussi la Conafil que nous n’avons pas aussi. Aujourd’hui, les glissements, c’est au niveau des finances, les ministères sectoriels. On n’écoute pas les élus locaux et la Conafil au Bénin est très avancée. J’ai expliqué à Monsieur le Ministre et à son équipe que chez nous, c’est encore 5% des recettes de l’Etat qui revient aux collectivités. 1549 communes, 22 régions donc 95% autres des recettes utilisés par le l’Etat central et les institutions. C’est énorme ! On ne peut pas faire de la décentralisation comme cela. On voudrait apprendre l’expérience du Bénin dans ce sens et les autres volets au niveau des communes, nous allons le faire.