1ère conférence des préfets de 2015

Natitingou a abrité l’événement (Les questions électorales au cœur des préoccupations)

La préfecture de Natitingou a accueilli les jeudi 26 et vendredi 27 mars 2015, la première conférence des Préfets de cette année sous l’égide du Ministre de la Décentralisation, de la Gouvernance locale, de l’Administration et de l’Aménagement du Territoire, Isidore GNONLONFOUN. Sa tenue à la veille des élections législatives ainsi que des communales et municipales, témoigne à n’en point douter de ses enjeux.

Loin d’être un ballet routinier auquel sacrifient les Préfets par moment, la conférence à eux dédiée se veut être, selon Gervais N’Dah Sékou, préfet des départements de l’Atacora et de la Donga, un creuset de réflexion profonde et féconde en vue de rechercher les solutions appropriées aux aspirations des populations toujours en quête du mieux-être.

La tenue de cette formation à quelques jours d’une part, de l’organisation des élections législatives, et d’autre part, au terme imminent de la deuxième mandature des conseils communaux, municipaux et de l’organisation des élections consacrant la troisième mandature desdits conseils ainsi que la désignation des chefs de villages et de quartiers de villes, témoigne à bien des égards de ses enjeux. Outre les questions majeures touchant à la sécurité humaine des populations, les joutes électorales ont tenu une place importante dans les débats à cette rencontre appelée à impacter positivement à l’avenir les prestations de la tutelle et la qualité des services rendus aux usagers clients de ses administrations respectives.

A ces assises, il a été en effet question de la problématique de l’organisation et du suivi des élections législatives et communales au niveau départemental, des modalités pratiques d’installation des conseils communaux et municipaux, de la classification et de l’entretien des routes à l’intérieur des départements, du point de la consommation des ressources du FADeC au titre de l’année 2014 et de la mise en œuvre des décisions du Conseil des Ministres relatives à l’amélioration des conditions de travail des Préfets.

Difficultés à exercer ses prérogatives

Hôte de ces assises, le préfet des départements de l’Atacora et de la Donga Gervais N’Dah Sékou a saisi la tribune à lui offerte pour évoquer quelques uns des problèmes auxquels ses pairs et lui sont confrontés dans leur mission. S’il a des raisons de se réjouir de la franche collaboration qui existe entre les membres de la Conférence administrative départementale (CAD) d’une part, les élus locaux d’autre part, il fait constater néanmoins que l’exercice de la tutelle sur les communes et les prérogatives conférées au Préfet par les textes de loi sur la décentralisation en matière de coordination des services déconcentrés buttent de temps en temps sur quelques difficultés : la baisse drastique d’année en année des crédits des préfectures, la faible participation des directeurs départementaux aux sessions mensuelles de la Conférence administrative départementale (CAD), le faible encadrement des communes par les chargés de mission du fait de l’inexistence de matériels roulants, la vétusté des parcs automobiles, du parc informatique des services préfectoraux.

Quoique conscient de ces difficultés évoquées et de l’obligation pour l’Etat de mettre à la disposition des préfectures les moyens adéquats en vue d’un meilleur accompagnement des collectivités locales à travers l’assistance-conseil, Isidore Gnonlonfoun, Ministre de la Décentralisation, de la Gouvernance Locale, de l’Administration et de l’Aménagement du Territoire, a insisté sur la responsabilité des administrations de tutelle à assurer la bonne gestion des ressources mobilisées par l’Etat au profit des collectivités territoriales. « La transparence, la bonne gouvernance, le respect des règles de gestion des finances publiques ainsi que la reddition des comptes doivent être considérés désormais comme les principes cardinaux qui guident et fondent l’organisation et la fourniture du service public dans nos départements et communes », a-t-il souligné tout en invitant aussi bien les Préfets que les Maires, à créer des conditions favorables pour l’amélioration des conditions de travail des cadres et agents en poste dans les Préfectures et Mairies.

Aussi, pour lui, le bon fonctionnement des communes dépend de l’accompagnement dont ces dernières bénéficieront de la part des structures techniques départementales. C’est fort de cela qu’il a insisté sur la tenue régulière des séances des comités de contrôle de légalité des actes communaux, la tenue à bonne date des sessions du Conseil Départemental de Concertation et de Coordination (CDCC), la qualité des points débattus lors des réunions mensuelles de la Conférence Administrative Départementale (CAD) ainsi que la présence des directeurs et des chefs des services départementaux à ces réunions. Il n’a pas occulté non plus la capacité managériale et les sacrifices dont doivent faire preuve tous les acteurs du processus de décentralisation pour mériter davantage de la confiance des populations.